3 feb. 2016

"Sergi López et Jorge Picó nous font un cadeau: celui du théâtre" 30/40Livingstone en Bélgica

Sergi López comme vous ne l'avez jamais vu

 © David Ruano
L’acteur dévoile au théâtre une facette extravertie et bondissante. C’est un régal de le voir à l’œuvre avec son excellent acolyte dans cette pièce faussement frappadingue.
Oh, il n’y a pas grand-chose sur la scène. Un tapis plain vert et un fauteuil. Et pourtant, on ressort de "30/40 Livingstone" avec l’impression d’avoir fait un grand voyage. Emmené par deux guides fascinants et farfelus, exaltants et exigeants. Deux auteurs, metteurs en scène et comédiens de génie. Oui, on peut être désarçonnés – voire dubitatifs (pour celles et ceux qui sont rétifs à pénétrer un univers fantaisiste) – par cette fable qui semble n’avoir ni queue ni tête. On finit ravis, ébahis par ce talent à imbriquer, jusqu’aux dernières minutes, toutes les pièces de ce puzzle. Comme si on nous présentait d’abord une licorne qui, peu à peu, était démasquée, démaquillée, laissant apparaître le simple cheval (de Troie, ou de trait?) qu’elle est. Mais on ne peut point trop en dire au risque de nuire au bonheur qu’elle peut procurer.

Théâtre

"30/40 Livingstone"
Note: 5/5.
De et avec Sergi López, Jorge Picó.
Situons juste un petit peu les choses. Sergi López (à gauche) s’en vient dire une grande nouvelle à son père. Il arrête tout, il quitte tout, il part. Il part "chercher". Chercher, chercher, chercher comme le gosse qu’il était et qui passait ses récréations à chercher. Dans l’univers parallèle qu’il rejoint, l’homme qui s’est fait explorateur, est amené à croiser une créature fantastique, un genre de cerf, craintif, élégant, joueur. Jorge Picó porte les bois avec une classe stupéfiante. 
Sans une seule parole, il fait évoluer cette créature avec une grâce et une souplesse que seuls les hommes de théâtre, les vrais, sont capables d’insuffler. Sergi López et Jorge Picó nous font un cadeau magnifique, celui du théâtre. De la fable théâtralisée opérée avec un art consommé de la comédie, du jeu et de l’aisance à glisser des messages, des points de vue à même d’ouvrir les yeux, peut-être même l’esprit, des spectateurs sous le charme. Il n’y a pas grand-chose sur la scène. Et pourtant, il y a presque tout dans ces 80 minutes.
Du 2 au 6 février à l’Atelier Théâtre Jean Vilar, à Louvain-la-Neuve. Le jeudi 4 février, une rencontre avec les acteurs est prévue après la représentation, 0800 25 325 ou www.​atjv.​be.

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